Pourquoi choisir la croissance externe ?


Racheter une entreprise existante permet d'ajouter de nouvelles cordes à l'arc de votre business : nouveaux produits, nouvelles compétences, nouvelles parts de marché… Les motivations peuvent être nombreuses. Il faudra toutefois tenir compte de certains risques, car les entreprises dont les placards n’abritent pas quelques cadavres sont une denrée rare. Avant de vous jeter tel un félin sur la première proie venue, il est bon de tenir compte des avantages et des risques liés à la reprise d’une entreprise.

Avantages de la reprise d'entreprise

Pour développer votre activité, reprendre une entreprise qui a pignon sur rue présente de nombreux avantages :

- Vous acquérez une force de production supplémentaire, un nouveau portefeuille de clientèle, une stratégie marketing peut-être plus innovante, éventuellement une base de prospection et un suivi des comportements des clients (CRM).
- Vous augmentez votre part de marché par le rachat d’un concurrent direct.
- Vous enrichissez vos ressources humaines avec du personnel qualifié et expérimenté, ce qui vous évite les démarches parfois fastidieuses du recrutement (la fameuse « guerre des talents »).
- Vous vous dotez d’une nouvelle infrastructure (outils de production, réseau informatique, etc.)
- Rien ne vous oblige à conserver l’ensemble des activités de l’entreprise que vous souhaitez acquérir. Si certaines activités ne vous conviennent pas, vous pourrez toujours les céder.

En un mot, la croissance externe peut vous aider à diversifier rapidement vos activités et à pénétrer de nouveaux marchés.

Inconvénients de la reprise d'entreprise

A moins d’être particulièrement téméraire, voire suicidaire, la reprise d’une entreprise ne peut se concevoir sans une procédure de due diligence en bonne et due forme. Le due diligence sert à évaluer la qualité de l’entreprise que vous comptez reprendre : ses comptes, ses résultats, son carnet de commandes, ses dettes, ses engagements, la qualité de ses actifs, les éventuelles ardoises fiscales et sociales, les risques juridiques, etc.

La procédure de due diligence se fera la plupart du temps par l’intermédiaire d’un cabinet d’audit externe. Celui-ci peut vous être conseillé par votre banquier ou votre comptable. Outre les aspects « visibles » qui apparaîtront rapidement lors de la procédure de contrôle (d’éventuelles pertes, des contrats qui arrivent à échéance, etc.), il faudra également accorder une attention toute particulière aux risques latents, par définition moins évidents à déceler.

Ainsi, prenez soin d’exiger un catalogue exhaustif des risques juridiques potentiels, mesurés par une tierce partie, indépendante et objective. Il ne s’agit pas seulement de lister les éventuels contentieux en cours (par exemple, avec des clients insatisfaits, des fournisseurs récalcitrants ou des membres du personnel), mais aussi et surtout d’anticiper les contentieux futurs. On ne compte plus le nombre d’entreprises traînées devant les tribunaux pour des activités qu’exerçait une filiale avant même d’entrer dans leur giron.

Autre risque souvent sous-estimé : la culture d’entreprise. Bien que ce soit une donnée difficilement chiffrable dans un bilan, assurez-vous de vous en imprégner avant de signer le chèque qui évincera l’équipe de direction actuelle. Le management est-il apprécié des équipes ? Le CEO ne personnifie-t-il pas trop l’image de son entreprise, tant en interne qu’en externe ? Le climat social est-il paisible ? Comment se déroulent les relations avec les représentants du personnel s’il y en a ? Voilà autant paramètres délicats à mesurer, mais qui peuvent s’avérer déterminants pour le succès de votre opération de rachat. Des entretiens qualitatifs avec des membres du personnel (et pas uniquement la direction ou les cadres !) vous apporteront de précieuses informations.

Croissance interne ou externe ?


Pour savoir quel type de croissance privilégier, prenez le temps d’analyser les avantages et les risques de chaque formule.

La croissance externe vous permettra d’atteindre rapidement une taille critique en diversifiant vos activités, en pénétrant de nouveaux marchés ou en grappillant des parts sur les marchés sur lesquels votre entreprise est déjà présente. Néanmoins, racheter une entreprise pour doper votre croissance reste une opération gourmande en capital. De plus, il n’est pas aisé de créer l’alchimie entre deux cultures d’entreprise différentes. C’est d’autant plus délicat que dans l’hypothèse où la greffe ne prendrait pas, l’opération pourrait bien conduire à une destruction de valeur.

A l’inverse, la croissance interne peut sembler plus simple à gérer et moins coûteuse. Le personnel y trouvera, en outre, des perspectives de carrière intéressantes et l’occasion de bénéficier de formations. Revers de la médaille : la croissance interne est un processus plus lent, qui peut engloutir des investissements sans fin dans le renouvellement des outils et qui, dans un premier temps, peut sévèrement affecter la rentabilité de l’entreprise. De même, ne miser que sur la croissance interne, c’est s’exposer au risque de voir les concurrents se développer plus vite que soi… et perdre ainsi des parts de marché.

Reprendre une entreprise à l’étranger

Si votre objectif est de conquérir de nouveaux marchés à l’international, reprendre une entreprise déjà bien implantée localement peut présenter de nombreux avantages. Vous mettrez ainsi le pied sur un marché en intégrant l’expertise et la connaissance des spécificités locales : attentes des clients, maturité du marché, contexte réglementaire, aisance linguistique et culturelle, etc. De plus, vous vous implanterez en misant sur la notoriété de cette enseigne sur le plan domestique : inutile, dès lors, de dépenser des fortunes en publicité pour vous faire connaître.

Les entreprises qui se lancent à l’international ou veulent développer leurs activités sur les marchés étrangers peuvent bénéficier de mécanismes fédéraux de soutien par l’entremise de Finexpo, de la Société belge d’Investissement international (SBI) et du Ducroire. Les Régions apportent également leur soutien à l’internationalisation des entreprises.

Parmi les précautions à prendre, outre tous les aspects réglementaires et juridiques, veillez à consulter votre banque pour vous couvrir contre certains risques financiers. Ceci vaut particulièrement si vous visez un marché hors zone euro : les fluctuations des devises peuvent sensiblement impacter vos résultats financiers.
Enfin, signalons que le réseau Transeo dispense des conseils aux entrepreneurs désireux de reprendre une PME en Europe.

En savoir plus

Belgium.be
Le site portail belgium.be explique comment procéder pour reprendre une entreprise.

Moniteur Belge du Fonds de Commerce et de l’Entreprise
Une base de données, mise à jour quotidiennement. Vous y trouverez de nombreux commerces et entreprises à remettre, tant en Belgique qu'au Grand-Duché de Luxembourg.

Ventreprise.be
Un portail d’informations sur les opportunités de rachats d’entreprises en Belgique, au Luxembourg et aux Pays-Bas.

Transeo
Transeo encourage la cession de PME au niveau européen.

SOWACCESS
Cette filiale de la SOWALFIN est entièrement dédiée à la transmission des PME et TPE wallonnes.

BruTrade
Le portail de la transmission d’entreprises dans la Région de Bruxelles-Capitale.

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